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Apprendre à vivre
de nouveau

Jenny L, Californie |
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Je
regardais ma mère boire et j'ai vu les choses aller de
plus en plus mal. J'étais jeune et je ne savais pas
réellement ce qui se passait – je savais seulement que
ma mère était différente des autres mères.
Me
mère ne s'occupait pas de moi ni de ma soeur; ma soeur
devait prendre soin de nous. Nous avons amené ma mère en
réhabilitation et nous étions effrayées qu'elle ne soit
pas assez forte pour combattre son addiction. En fait
elle n’était pas assez forte et j’ai cru qu’il y avait
quelque chose d’anormal avec ma famille.
Mais j’ai appris plus tard dans Alateen, que sa
dépendance était son problème et qu’elle cesserait de
boire seulement lorsqu’elle serait prête. Je l’ai vu se
détériorer. C’était mauvais et je me sentais coupable de
« l’abandonner dans l’adversité », mais plus tard j’ai
réalisé que moi aussi j’avais besoin d’aide et de
support moral et que me mère était incapable de me les
donner.
J’ai appris à me détacher d'elle tout en continuant à
l’aimer. C'était une chose difficile à faire. Je pensais
« C'est ma mère, comment puis-je abandonner quelqu’un
que j’aime tellement ? » Puis j’ai lentement réalisé que
je ne l’abandonnais pas du tout, et qu’elle avait besoin
d’une aide que moi je ne pouvais pas lui donner.
Ma
mère boit toujours parce qu’elle n’a jamais
cherché à s’aider. Mais moi je suis allée vers les
autres parce que je veux me sentir mieux. Je veux
apprendre comment affronter les choses qui arrivent dans
ma vie de tous les jours. J’attends maintenant chaque
jour avec impatience plutôt que de n’avoir aucune raison
de me lever le matin.
J’ai été déprimée pendant un bout de temps parce que je
croyais que je ne me sentirais jamais mieux et que la
seule façon de me sortir de ma douleur serait le
suicide. Les gens n’imaginent pas de tels sentiments
chez un enfant de neuf ans. Je me sentais rejetée par ma
mère et confuse par ce qu’elle faisait de sa vie.
Pourquoi ne pouvait-elle pas s’occuper de moi ? J’ai
lentement appris qu’elle doit s’occuper d’elle d’abord
avant de pouvoir prendre soin de moi, et cela est
blessant.
Dans Alateen, j’ai appris que tout le monde a de bons et
de mauvais jours. C’est vrai aussi pour ma mère.
Certains jours, elle était aimante et affectueuse et
d’autres jours elle hurlait et était blessante. Cela m’a
pris beaucoup de temps pour réaliser que ce n’était pas
de ma faute et qu’elle était en cheminement tout comme
moi.
L’alcoolisme est un mal familial. Cela veut dire que la
maladie affecte tous les gens mis en cause eu niveau
mental, émotionnel ou physique. Dans Alateen j’ai
entendu plusieurs jeunes dont l’histoire était similaire
à la mienne qui subissaient en plus l’abus sexuel et
physique. C’est surprenant le nombre de jeunes qui
vivent ce genre de situations, mais avec les Étapes d’Alateen
et les slogans nous apprenons à vivre de nouveau. Nous
savons qu’il y a des membres qui s’occupent de nous.
Je
sais que je ne peux pas nécessairement recevoir l’amour
et l’attention que je veux de ma mère, mais je connais
plusieurs femmes dans Al-Anon qui seront toujours là
pour moi. Je découvre que je peux parler ouvertement
avec les membres du programme et que je peux exprimer
mes sentiments sans qu’ils me jugent ou me critiquent.
Le Forum,
juin 2001
Permission accordée par Le Forum,
AI‑Anon Fomily Group Heodquarters, Inc., Virginic Beach,
VA.
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